Priorités 2002
Le ROPPA et ses membres sont arrivés, au bout d’un an, à préciser les défis qui les interpellent. Décidés à les relever, les membres du ROPPA et le Réseau lui-même souhaitent concentrer leurs efforts pour la fin de l’année 2001 et pour l’année 2002 sur les priorités suivantes :
I. Renforcer les capacités d’organisation, de proposition et d’action des cadres nationaux des OPPA
Le niveau national a été désigné comme le point critique pour favoriser une pleine implication des OPPA dans les décisions qui influencent leurs activités et leur avenir. Le contexte dans nos pays, les approches qui sont appliquées dans les programmes de développement font une large part aux organisations de la société civile.
Mais de tels atouts ont besoin pour être valorisés que les OPPA puissent disposer d’une représentation forte, crédible et responsable. Dans cette perspective, le ROPPA a un rôle de premier plan à jouer pour venir en appui à une meilleure structuration des cadres nationaux.
Le renforcement des capacités d’organisation, de proposition et d’action des cadres nationaux des OPPA nous impose d’améliorer le fonctionnement de la concertation au niveau national. Dans ce domaine, le Fonds de Renforcement des Capacités devra être en mesure de contribuer à l’organisation d’échanges, de rencontres, d’études sur des thèmes définis comme prioritaires par les pays.
Il reste cependant que pour bénéficier de tels appuis et de ceux d’autres partenaires, les cadres nationaux devront disposer de systèmes transparents de gestion, de décision et de communication. Ces exigences sont aujourd’hui incontournables.
II. Améliorer la communication au sein du ROPPA
Bien que des progrès significatifs aient été faits dans la communication entre le Comité Exécutif et les OPPA ou cadres nationaux d’OPPA, il persiste encore des difficultés à entrer en communication avec les pays.
Outre l’aspect matériel lié à l’acquisition et au fonctionnement d’équipements de communication, il s’avère indispensable d’appuyer les pays et le ROPPA à se doter de stratégies de communication : au regard de nos besoins en information pour nos activités, quelles informations devons-nous produire ? quelles informations devons-nous chercher chez les autres acteurs ? quels systèmes d’exploitation et par quels mécanismes devons-nous diffuser les informations ? sur quels supports ? quel partage entre le ROPPA, les cadres nationaux et leurs membres ?
Ces questions et peut-être d’autres encore devront constituer une priorité pour le Comité Exécutif.
III. Négocier la prise en compte de nos propositions dans la Politique Agricole de l’UEMOA
La Politique Agricole de l’UEMOA sera sans aucun doute un élément important dans la transformation de l’agriculture paysanne. Le ROPPA et ses membres se sont mobilisés pour que l’UEMOA adhère au principe que nous avons besoin de réfléchir d’une manière autonome et de lui faire des propositions à intégrer dans la Politique Agricole.
Malgré qu’un rôle très important soit dévolu aux organisations professionnelles agricoles dans la définition et la mise en œuvre des futures axes prioritaires de la Politique Agricole de l’UEMOA, il reste que pour assumer cela, nous devrons bien conduire nos propres exercices nationaux et l’exercice sous-régional afin que les résultats que nous espérons puissent être pertinents. C’est à cette condition que le Comité Exécutif sera en mesure de négocier positivement avec les autorités sous-régionales.
Dans le même domaine d’action, le ROPPA se devra d’être attentif à quelques thèmes qui sont en discussion dans la sous-région et dont les liens avec la Politique Agricole de l’UEMOA sont très étroits. Il s’agit de :
la transformation du PUFS en institution de financement des paysans et des artisans
la mise en place prochaine d’une Banque Régionale de Solidarité
le débat sur les grandes filières, notamment sur la filière coton
la négociation au sein de l’OMC avec la possibilité de représentation de la sous-région par l’UEMOA
IV. Se préoccuper des besoins, du statut et des contributions des jeunes et des femmes dans l’avenir de nos exploitations familiales et de nos organisations
Notre conception du mode de fonctionnement de nos exploitations et de nos organisations ainsi que nos valeurs sociales font des jeunes et des femmes des catégories sociales intégrées dans une dynamique collective qui vise à ce que la communauté, la famille tout en assurant à tous le bien-être, prennent également en compte les préoccupations spécifiques de chaque membre.
En outre, les femmes et les jeunes constituent dans nos organisations la majorité des membres et il apparaît souvent que cette position ne se reflète pas dans les responsabilités et parfois dans les actions prioritaires.
Le ROPPA, en raison de l’environnement du développement qui privilégie de plus en plus une organisation autonome de ces catégories, doit se soucier de cette question pour d’abord mobiliser ces catégories sociales dans la réalisation de ses objectifs mais également pour préserver la cohésion sociale de nos organisations et les valeurs sociales de nos familles.
La Convention se doit de se saisir de cette question, car elle va, dans les prochaines années, soit renforcer nos valeurs sociales, soit faire éclater notre cohésion sociale dans nos organisations nationales.