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Monde rural : Une loi d’orientation pour booster le secteur agricole

La Confédération paysanne du Faso (CPF) a organisé du 18 au 19 mars 2013 à Bobo-Dioulasso, un atelier de concertation sur la Loi d’orientation agrosylvopastorale, halieutique et faunique (LOASPHF). L’objectif visé a été de faire l’état d’avancement de son élaboration et le permettre aux acteurs du monde rural des Hauts-Bassins, de s’imprégner du mémorandum. Informer la trentaine de participants sur l’état d’avancement du processus d’élaboration de la loi, présenter le mémorandum pour examen et validation, et définir une stratégie d’appropriation par les producteurs de base, sont les principaux objectifs de la rencontre de Bobo-Dioulasso ayant regroupé les acteurs du monde rural des Hauts-Bassins. Outre ces participants, les partenaires financiers et techniques (PTF) à savoir Oxfam, la Coopération suisse et Agriculteurs français et développement international (AFDI) ont assisté à cette rencontre de concertation. Il faut souligner que c’est en mars 2009, lors de la 13e Journée du paysan que la Confédération paysanne du Faso (CPF) avait proposé à l’Etat d’élaborer et d’adopter une loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique (LOASPHF), en vue de doter le Burkina Faso d’un cadre de référence en matière de développement agricole.

De l’avis du président de la CPF, Bassiaka Dao, l’agriculture occupe une place importante dans l’économie et joue un rôle prépondérant dans la réduction de la pauvreté et dans le maintien de l’équilibre social. Selon l’Institut national des statistiques et de la démographie (INSD), 77% des Burkinabè résident en milieu rural et vivraient de l’agriculture. Par ailleurs, d’autres statistiques indiquent que l’agriculture contribue à environ 45% du Produit intérieur brut (PIB) du Burkina Faso.

C’est au regard de ces atouts que le monde rural a décidé de mettre en place un cadre institutionnel favorable à son épanouissement, d’où le projet de loi d’Orientation agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique qui intègre plusieurs domaines. Il s’agit entre autres de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, de l’aquaculture, de la sylviculture, de la cueillette et de l’exploitation faunique. Le mémorandum se structure en 7 points essentiels portant grossomodo sur le statut de l’agriculteur, les systèmes de productions agricoles et pastorales, la formation et le développement de la recherche, l’organisation des marchés, l’amélioration du pouvoir économique des agriculteurs, le financement de l’agriculture et enfin, les mécanismes institutionnels de pilotage et de mise en œuvre. « Avant l’élaboration de la LOASPHF, nous avions constaté qu’il y avait un vide.

A telle enseigne qu’au niveau du monde rural, chacun intervenait de la manière qu’il voulait, vu qu’il n’y avait pas de concertation. Nous nous sommes dit que s’il y avait une loi d’orientation, chaque catégorie d’acteur saura ce qu’il y a à faire », a affirmé M. Dao. Il a laissé entendre qu’un noyau au niveau central a été mis en place et qu’un travail a été fait avec les leaders des paysans au cours duquel des propositions ont été dégagées. C’est pourquoi, a confié M. Dao, la CPF entend partager le mémorandum avec l’ensemble des producteurs des 13 régions du Burkina, afin qu’ils puissent la valider avant de la remettre à l’Etat. Au nombre des problèmes que rencontrent les agriculteurs, Bassiaka Dao a cité les aléas climatiques, les politiques agricoles souvent dictées de l’extérieur et ne répondant pas aux besoins des producteurs, l’absence de services financiers adaptés aux acteurs du monde rural et enfin, une mauvaise jonction entre la production et le marché. Avec l’adoption de la LOASPHF, il espère qu’une grande partie de ses problèmes sera résolue.

Souaibou NOMBRE (snombre29@yahoo.fr) Sidwaya